Interview de Stéphanie Manasseh, CEO de l’Accessible Art Fair et Personal Art Shopper

Catherine 26 novembre 2013 0
Interview de Stéphanie Manasseh, CEO de l’Accessible Art Fair et Personal Art Shopper

Stéphanie, vous qui êtes à l’initiative de l’évènement “Accessible Art Fair”, comment pourriez-vous nous résumer votre parcours ?

Je suis née au Canada et j’ai grandi à Montréal dans un “cocon” artistique. Si je n’ai malheureusement pas hérité de ma mère, artiste-peintre, sa plume artistique, je pense qu’elle m’a transmis son sens de l’esthétique et son goût pour les arts plastiques! J’ai étudié à la Mc Gill University et, imprégnée de cette affection pour l’art, j’ai rapidement entrepris des cours d’Art Business Management à la Sotheby’s School à Londres.

L’”Accessible Art Fair” n’a cessé de croitre et a fêté sa 10e édition cette année. Comment vous est venue l’idée de ce concept?

Nous sommes arrivés en Belgique il y a plus de 10 ans et nous nous sommes installés, comme beaucoup d’expatriés anglophones, dans le quartier européen. J’ai rapidement constaté qu’il n’y avait pas vraiment ou très peu d’événements culturels dans ce quartier dédié aux expatriés et que ceux-ci ne fréquentaient pas les galeries ou les événements artistiques bruxellois. Parallèlement, les artistes expatriés ne disposaient pas d’une belle plateforme pour exposer leurs œuvres. Ainsi j’ai décidé de remédier à cette lacune en facilitant le rapprochement entre ce public et les artistes. L’idée était d’offrir aux eurocrates un événement artistique et aux artistes une plateforme d’exposition. Depuis, le concept a énormément évolué et connaît aujourd’hui, pour mon plus grand bonheur, un succès grandissant.

Il existe aujourd’hui l’”Affordable Art Fair à Bruxelles”, comment vous distinguez-vous de cet événement?

Nos concepts sont tout à fait différents bien que l’on nous confonde souvent. D’abord, nous représentons des artistes et non des galeries. Ensuite, loin des foires traditionnelles dans de grands hangars, nous recréons l’ambiance d’une grande boutique d’art dans un lieu luxueux où l’art est accessible à tous. Par ailleurs, l’”Accessible Art Fair” n’est pas liée à un seul événement annuel. Nous représentons ces artistes toute l’année à travers, entre autres, notre activité de “Personal Art Shopper” et nous avons le projet de mettre en place une plateforme d’art en ligne.

En effet, vous êtes aussi “Personal Art Shopper” (conseillère en achat d’art en français), une fonction assez méconnue en Europe. En quoi consiste cette activité?

Depuis deux ans nous avons étendu l’”Accessible Art Fair” à l’Art Advisory ou le conseil en art. Ce service est mis à la disposition de personnes souhaitant agrandir leur collection, investir dans l’art ou simplement acheter une pièce pour leur salon et qui n’ont que peu de connaissances dans le domaine ou pas de temps à y consacrer. Le service est adapté à chacun. Pour certains, il consiste en une ou plusieurs séances de consultance artistique, pour d’autres nous partons en quête de la pièce recherchée.

En tant que “Personal Art Shopper”, vous avez aiguisé votre propre goût au fil des années, comment conciliez-vous cela avec les aspirations de vos clients?

Si je conseille mon client, je n’altère pas son goût. Au fil des années j’ai multiplié les rencontres artistiques et j’ai créé un large ‘catalogue’ mental de styles, si on peut l’exprimer en ces termes. Ainsi, j’écoute le client, son expérience de l’art, son goût, ses préférences, ses spécificités. C’est un échange qui se crée, car autant je conseille, autant c’est lui qui, au final, dirige mon conseil vers l’œuvre recherchée.

Vous avez vécu de l’autre côté de l’Atlantique, au Canada, mais aussi en Europe de l’Est, à Prague, et vous vivez désormais à Bruxelles, capitale de l’Europe, depuis une dizaine d’années. Pensez-vous que ces différents lieux aient influencé votre vision du monde culturel?

Oui absolument! J’ai quitté Montréal à l’âge de 23 ans pour aller enseigner à Prague où j’ai passé 4 belles années. Prague est une capitale européenne si riche en culture. Je connaissais déjà ces artistes d’Europe de l’Est comme Schiele et Klimt mais c’est en vivant à Prague, en visitant le lieu de résidence du premier, en me rapprochant du second et en fréquentant les expositions, que j’ai réellement été envoûtée. Sur le plan musical, enveloppée des compositions de Smetana et Dvozak, très présentes à Prague, j’ai pu fortement m’enrichir grâce à cette culture. Après Prague nous avons emménagé à Milan où mon mari a travaillé pour le British Council pendant 3 ans. Vous vous imaginez bien la richesse culturelle que l’Italie peut offrir. Je pense que lorsqu’on vit comme un étranger durant quelques années dans un pays, on y devient un touriste permanent en s’imprégnant de ses beautés. J’ai eu la chance de pouvoir vivre dans ces deux pays européens qui m’ont évidemment davantage sensibilisée à l’art.

Que peut-on vous souhaiter pour 2014 ?

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