Les sages-femmes cessent d’être sages !

Aurelie 16 décembre 2013 0
Les sages-femmes cessent d’être sages !

Et elles ont bien raison! En France, des sages-femmes manifestent, font la grève (depuis le mois d’octobre), tentent d’exister davantage dans la société. Que revendiquent-elles? Elles réclament un statut médical à part entière, de la reconnaissance et un meilleur salaire, car après cinq années d’études dont une de médecine, il atteint à peine celui des infirmiers.. C’est la seule profession médicale non reconnue comme praticien hospitalier. On les écoute si peu, elles ont une si faible reconnaissance sociale, est-ce parce que la profession est essentiellement féminine ? Jusqu’en 1982, un homme n’avait même pas le droit d’exercer, et aujourd’hui encore, 98% des sages-femmes sont… des femmes. En commençant par changer le titre de sage-femme, le plus ‘vieux métier du monde’, peut-on espérer un changement plus profond pour cette profession?

Que font les sages-femmes? Toute femme qui a été accompagnée par une sage-femme peut témoigner de l’apport incontestable de cette profession sur la santé, physique et psychique, des femmes, et des hommes!  La sage-femme accompagne en effet les futurs parents, dans le cadre d’une relation bien plus intime que celle du cadre exclusivement médical. Les sages-femmes, en plus d’accompagner psychologiquement les parents, de donner des conseils en allaitement, de réaliser des accouchements, assurent aussi des consultations médicales de grossesses, des échographies, pratiquent la petite chirurgie (exemple : épisiotomie et suture) et sont formées à dépister des pathologies de la grossesse. Elles peuvent également s’occuper des interruptions médicales de grossesse, travailler dans les secteurs d’assistance médicale à la procréation, faire une déclaration de grossesse. Elles pratiquent des consultations d’acupuncture, de sexologie, de tabacologie, de rééducation du périnée, de contraception…

Certaines sages-femmes sont d’ailleurs doctorants ou docteurs en santé publique, épidémiologie, biologie, anthropologie, psychologie, sociologie… De plus, sage-femme est une des professions médicales qui se retrouve souvent devant les tribunaux, avec les anesthésistes et les gynécologues obstétriciens… Une profession qui est totalement bénéfique pour notre santé et qui est profondément humaine peut-elle être encore si mal considérée et rémunérée?

Des sages-femmes trop sages? Une de leurs représentantes indiquait que trop longtemps elles avaient été trop .. sages et gentilles, que leurs revendications semblaient inaudibles et rarement soutenues. « Qu’en serait-il si nous étions des hommes », se demandent certaines d’entre elles… A cela se rajoute la difficulté de se mobiliser, certaines refusent de participer au mouvement de peur de mettre en danger leurs patientes. Et l’on peut rencontrer des grévistes qui continuent à travailler, en portant un autocollant « sage-femme en grève », tout un symbole…

Et quelle est la situation en Belgique? En Belgique, les sages-femmes vont vers une autonomisation de leur profession et se battent tous les jours en vue de faire valoir leur statut. Aujourd’hui, il y a une vraie collaboration obstétriciens/sages-femmes et c’est avec bonheur qu’elles se dirigent vers une approche  globale où la sage-femme a un rôle majeur. Les obstétriciens font de plus en plus confiance aux sages-femmes mais cette amélioration a constitué un travail de longue haleine…

Soutenons-les! Ce mouvement des sages-femmes est un mouvement pour toute femme qui exerce un métier d’aide à la personne, un métier humaniste et qui ne reçoit absolument pas en retour la valeur d’un tel engagement ! Ce combat des sages-femmes est hautement symbolique et mérite toute notre attention et soutien ! Si vous avez été suivie par une sage-femme, témoignez dans les commentaires ci-dessous!


Si les sages-femmes étaient des hommes … par LeNouvelObservateur

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