Portons des vêtements éthiquement corrects!

Aurelie 23 décembre 2013 0
Portons des vêtements éthiquement corrects!

Après l’effondrement d’un immeuble situé à Dacca, la capitale du Bangladesh, et ses 1127 morts, des mouvements s’organisent dans le monde pour soutenir les droits de ceux qui fabriquent les vêtements que nous portons. Cette mobilisation qui plaide pour de meilleures conditions de travail et des salaires décents commence à porter ses fruits. Mais de profondes injustices subsistent encore.

Il aura fallu une catastrophe pour que le grand public prenne conscience des conditions déplorables dans lesquelles travaillent les ouvriers de la confection des pays du Sud. Le bâtiment abritait plusieurs ateliers travaillant pour diverses marques internationales de vêtements. Des consignes d’évacuation données la veille, après l’apparition de fissures, avaient été volontairement ignorées. Ce drame humain met en lumière les dérives actuelles de l’industrie du textile. Intimidations, horaires abusifs, salaires dérisoires, répression des activités syndicales et violations des droits du travail représentent le quotidien de milliers d’ouvriers des pays pauvres, victimes de la concurrence impitoyable qui règne dans ce secteur et de sous-traitants prêts à tout pour répondre aux exigences de leurs clients. Ce drame est pourtant loin d’être isolé. Rien qu’au Bangladesh, un incendie ou un effondrement d’usine se déclare en moyenne chaque semaine ! Et l’Europe n’est pas épargnée. En Macédoine, un pays de plus en plus prisé par bon nombre d’enseignes, une travailleuse de l’habillement à temps plein gagne à peine 100 € par mois. C’est moins qu’en Chine et quatre fois moins que ce qu’il lui faudrait pour avoir une vie décente !

Les ouvriers des pays concernés s’organisent cependant. Et leur mobilisation prend de plus en plus d’ampleur. Dans ce combat, l’Asia Floor Wage Alliance, qui regroupe des représentants de travailleurs indiens, cambodgiens, sri lankais, indonésiens…, innove particulièrement. Elle propose une méthode de calcul simple du salaire vital pour les travailleurs de l’habillement en Asie. La mesure se base sur les prix des denrées alimentaires nécessaires pour procurer suffisamment de calories à une famille de deux adultes et deux enfants. La somme totale est doublée afin de couvrir l’ensemble des dépenses de base. L’Asia Floor Wage va cependant plus loin dans sa démarche. Elle souhaite harmoniser les niveaux de pouvoir d’achat des différents pays de production du continent et aboutir finalement à un montant similaire d’un pays à l’autre, compte tenu des différentes devises. Appliqué partout, ce système pourrait changer la donne. Le choix d’un fournisseur ne se ferait plus sur la pression qu’il est capable d’exercer sur les salaires mais sur base d’autres avantages ou compétences. Ce combat n’est pourtant pas gagné d’avance. Les leaders syndicaux et les défenseurs des droits humains qui portent ces revendications sont souvent à la merci d’arrestations arbitraires, voire d’assassinats.

Comment agir? En Belgique, une campagne d’une durée de trois ans vient d’être lancée. Sous le slogan Devenez achACTEURS pour un salaire vital (www.achact.be/salairevital), elle vise à encourager les consommateurs et les travailleurs à demander des comptes aux entreprises de distribution et à les inciter, sur base de demandes précises et suivies, à mettre en œuvre un salaire minimum vital dans leurs filières d’approvisionnement. Elle entend aussi demander aux décideurs politiques de rendre parti pour un salaire vital et promouvoir son respect auprès des entreprises. Une pétition-appel est d’ores et déjà lancée qui vient d’être précédée par une semaine d’actions et mobilisations. Cette campagne est par ailleurs menée par des plateformes similaires dans dix-sept pays européens, dont en France avec le Collectif Éthique sur l’étiquette (www.ethique-sur-etiquette.org) qui mène actuellement une action pour faire cesser l’hécatombe dont sont victimes les travailleurs du secteur de la confection au Bangladesh.

Nous sommes nombreuses à aimer acheter des vêtements, à aimer varier ceux-ci. Soyons conscientes que les marques nous incitent à consommer de plus en plus, à suivre des modes expressément différentes d’une saison à l’autre. Acheter toujours plus, à des prix parfois anormalement bas, pour une qualité qui diminue, cela n’a plus de sens! Se soucier de ce que nous achetons, se souvenir que le prix de nos fringues, c’est une toute petite partie du salaire que perçoivent les personnes qui travaillent dans les usines de confection – des femmes à 80%. Boycotter complètement certaines enseignes? Difficile de savoir si cela peut apporter les bénéfices espérés car le boycott peut entraîner des pertes d’emplois dans les pays producteurs ou l’implantation d’usines dans d’autres pays où les conditions de travail sont encore pires..

Il existe aussi des enseignes qui misent sur la durabilité et le commerce éthique et équitable, parfois sur toute leur gamme de vêtements ou sur certains vêtements particuliers (comme le cas de produits en coton par exemple). Soyons attentives à ces démarches, soutenons-les afin de permettre de progressivement passer d’un modèle parfois si injuste, inhumain ou écologiquement incorrect vers un modèle plus responsable. L’élégance, ce n’est pas qu’une affaire de style, c’est aussi une attitude générale envers la vie!

S’habiller, choisir ses vêtements, cela doit rester un acte de plaisir! Au plaisir ajoutons notre prise de conscience et soyons responsables!

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