Pourquoi remettre en cause le droit à l’avortement ?

Aurelie 20 janvier 2014 0
Pourquoi remettre en cause le droit à l’avortement ?

En France, des manifestations ont eu lieu pour dénoncer l’initiative actuelle du gouvernement vue par certains comme une tentative de « banaliser totalement » l’interruption volontaire de grossesse. Une disposition du projet de loi sur l’égalité entre hommes et femmes est en effet relative au droit à l’information en matière d’IVG et un amendement socialiste propose de supprimer l’idée de la nécessaire « situation de détresse » de la femme pour pouvoir recourir à l’IVG et de la remplacer par « La femme enceinte qui ne veut pas poursuivre une grossesse ».

« L’idée d’une détresse ne correspond pas à la situation des femmes », a argumenté Axelle Lemaire, co-auteure de l’amendement. Aujourd’hui, environ 35% des femmes en France recourent à l’IVG au moins une fois dans leur vie.

D’un côté, celles et ceux qui plaident pour un « statut de l’embryon », de l’autre celles et ceux qui défendent le droit à l’avortement : « mon corps, mon choix, à bas le patriarcat !»

Le revirement espagnol sur la question du droit à l’IVG fait craindre un retour en arrière en Europe. Le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy s’apprête à restreindre les possibilités d’avorter aux cas de viol et de menaces « durable et permanente » sur la santé de la femme enceinte. L’initiative espagnole peut être vue comme une « régression historique ». Selon l’Autrichien Hannes Swoboda, président du groupe social-démocrate au Parlement européen, elle pourrait donner des idées à la Pologne, la Hongrie et la Lituanie, tentés de durcir le recours à l’IVG. « En temps de crise, la tendance est de revenir à des questions de morale, visant à restreindre les libertés individuelles », dit-il. Y compris dans les pays où l’IVG est légale, les militants s’inquiètent de blocages (délais, activation de la clause de conscience des médecins, etc.).

La ministre des droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem, a défendu le droit au libre choix des femmes. Les femmes « doivent avoir la liberté de choisir si elles veulent mener à terme une grossesse. Cette autonomie de choix, c’est extrêmement important de la réaffirmer à un moment où l’on voit bien autour de nous que les tentations de régression en matière d’IVG sont très présentes »

Que fait l’Europe ? Au sein de l’Union européenne, l’avortement reste une prérogative nationale et il existe autant de législations que d’Etats membres. Le Parlement européen a rejeté le 10 décembre 2013 un texte qui réclamait, pour les femmes, un accès généralisé à la contraception et à des services d’avortement sûrs. Ce « rapport d’initiative », non contraignant, élaboré par Edite Estrela, une élue socialiste portugaise qui préside la commission pour les droits de la femme et l’égalité des genres, divisait l’assemblée. Le vote d’un texte alternatif affirmant la primauté des Etats sur de telles questions et enterrant le rapport Estrela – qui prônait également la liberté de choix quant au fait d’avoir ou non des enfants, et à quel moment – a récolté 334 voix pour et 327 contre. « L’hypocrisie et l’obscurantisme l’ont emporté », estime l’eurodéputée portugaise. « L’éthique de certains est “en solde” à six mois des élections », juge son collègue belge Marc Tarabella (PS), membre de la même commission. « Ce vote traduit une nette régression pour les droits de la femme ; le Parlement et l’Europe vivent de mauvaises heures »…

Ce qui est en jeu, c’est ni plus ni moins que le droit des femmes à disposer d’elles-mêmes… Ce droit si difficilement acquis et si facilement remis en cause aujourd’hui… Celles et ceux qui combattent ce droit parlent du respect de la vie. Or, c’est la vie des femmes qui devrait être respectée avant tout ! Le respect  de l’enfant passe par le respect de la femme…

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