Egalité et liberté, des enjeux compatibles?

Aurelie 3 février 2014 0
Egalité et liberté, des enjeux compatibles?

En France, le projet de loi sur l’égalité femmes-hommes a créé une polémique. Certaines personnes refusent une intrusion de l’Etat dans leur vie privée. Pour atteindre l’égalité, faut-il entraver la liberté?

Hier, ont eu lieu des manifestations en France: rose pour représenter les filles et bleu pour représenter les garçons, car les stéréotypes, « on les défend », indique un manifestant. Les slogans: « Papa, maman et les enfants, c’est naturel » ou « Un papa, une maman, y a pas mieux pour un enfant ».

Pourquoi une telle colère? Les manifestants craignent un « changement de civilisation qui va bouleverser la famille », une société « dans laquelle l’enfant n’aurait plus de droits et deviendrait un produit de consommation ».

Les projets portés par la ministre des droits des femmes, Najat Vallaud Belkacem, et  la ministre de la justice, Christiane Taubira sont jugés inutiles et dangereux: « Ce sont des idéologues. Elles portent une idéologie destructrice. Leur réforme de société est inutile. »

La PMA et la GPA se sont invitées au débat, alors que les ministres français rappelent que la procréation médicalement assistée pour les couples de femmes et la gestation pour autrui ne feraient pas partie de la prochaine loi famille.

« L’Etat cherche à entrer dans nos consciences et dans nos vies », déclare un manifestant. Face à ces propos, une grande interrogation: comment faire avancer l’égalité fille-garçon, homme-femme, le droit de vivre ‘autrement’ que dans le schéma traditionnel ‘papa-maman’? Faut-il ‘obliger’ via des lois? Faut-il inciter et cadrer via l’intervention de l’Etat? Peut-on concilier liberté, égalité et respect des convictions de chacun?

Ne perdons pas de vue, au milieu de la ‘mêlée’, l’esprit du projet de loi: « Les intérêts de l’enfant sont au cœur du texte. C’est lui qui fonde la famille aujourd’hui, et plus le mariage comme autrefois. Il s’agit d’une évolution de la société qu’il faut intégrer. Face à la diversité des modèles familiaux, il faut lui apporter de nouvelles sécurités juridiques », explique Dominique Bertinotti, la ministre déléguée à la famille.

Un exemple du projet de loi: imposer des séances de médiation aux parents qui divorcent, alors qu’à l’heure actuelle, si l’un des deux refuse d’en passer par un arbitre, la médiation n’a pas lieu. Cette formule, qui a fait ses preuves à l’étranger (au Canada, notamment), est très peu utilisée en France. Or, selon la ministre Dominique Bertinotti, ce serait là «la meilleure réponse aux pères qui montent sur des grues. Et cela permettrait de libérer l’enfant du conflit de loyauté entre ses parents».

A ceux et celles qui combattent aujourd’hui ce projet de loi, qui repense globalement les relations hommes-femmes, les relations de couple, les droits des enfants, je dis: ‘Cessons de nous braquer les uns envers les autres’. L’égalité, malheureusement, ne va pas de soi. La liberté non plus. L’Etat peut permettre d’éviter des dérives et peut donner des outils nouveaux à des défis nouveaux.

Selon moi, ‘s’attaquer’ à l’univers de la famille, à l’heure où les violences conjugales explosent, me semble courageux et digne d’intérêt. Une société n’est pas figée, cessons de croire que certains détiennent plus la vérité que d’autres. Combien d’enfants souffrent dans des familles ‘normales’? Combien d’enfants se posent des questions sur leur identité sexuelle qui restent sans réponse? Combien d’hommes et de femmes rêvent d’harmonie et d’égalité à la fois? N’ayons pas peur de faire évoluer la société et les mentalités pour plus de bien-être et de respect pour tous!

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