Voulons-nous une Europe forteresse?

Aurelie 23 avril 2014 0
Voulons-nous une Europe forteresse?

Des naufrages réguliers aux portes de l’Europe mettent en lumière les carences de la politique migratoire de l’Union européenne. Y a-t-il une politique commune? Une opposition Nord-Sud divise les pays de l’Union européenne. La Grèce, Malte, l’Italie et Chypre réclament plus de «solidarité européenne». Ces pays considèrent que ce soutien ne doit pas être seulement financier, mais doit aussi impliquer une répartition des migrants dans toute l’Union.

Selon certaines associations, le renforcement des «voies légales» d’accès à l’Europe pourrait contribuer à empêcher les dangereuses traversées illégales de la Méditerranée. Or, les candidats au statut de réfugié en Europe, soit une partie des passagers des bateaux de fortune, ne peuvent demander l’asile depuis leur pays: pour être demandeur d’asile, il faut franchir une frontière…

Autour des enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla, au nord du Maroc, des clôtures ont été érigées au début des années 2000, respectivement sur 8 et 12 km de long. En 2012, la Grèce a achevé la construction d’un mur de 12 km de long, à la frontière avec la Turquie. La Bulgarie, face à l’afflux nouveau de Syriens fuyant leur pays, a érigé un mur de 30 km de long à sa frontière avec la Turquie. Or le durcissement des barrières physiques et légales et le renforcement des contrôles de surveillance de frontières n’a jusqu’à présent pas enrayé le flux des migrants, qui mettent de plus en plus leur vie en danger pour gagner l’Europe.

Des centres de détention des étrangers en situation irrégulière se sont multipliés sur le sol européen depuis les années 1980. Le conseil de l’Europe déplore le fait que la privation de liberté, qui «ne devrait être appliquée qu’en dernier recours, fasse de plus en plus office de première solution et de moyen de dissuasion». Des associations dénoncent le non-accès des journalistes et de la société civile à ces centres dans lesquels surpopulation, conditions de vie désastreuses et violations des droits humains sont fréquents.

S’agit-il d’opposer la «vieille et riche Europe» à la «jeune et pauvre Afrique»? Si nous jugions notre Europe à l’échelle de l’hospitalité et de son accueil à l’autre? L’Europe telle que nous la connaissons aujourd’hui existe grâce à la mixité des cultures, grâce à la promotion de valeurs universelles. N’oublions pas de cultiver et d’incarner le rayonnement moral et spirituel de notre ‘vieille’ Europe…

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