Que représente la sphère publique dans notre économie?

Aurelie 17 juin 2014 0
Que représente la sphère publique dans notre économie?

Les dépenses sociales ont augmenté dans le monde. La moyenne s’établissait à 19% du PIB en 2007, ce chiffre est passé à 21,9% en 2013. La France se classe première avec 33 % du PIB. Le Danemark se classe 2e (30,8 %), devant la Belgique (30,7 %). La Finlande se trouve également au-dessus des 30 %. Aux Etats-Unis, l’OCDE évalue les dépenses à 20% du PIB, alors qu’elles atteignaient 17% en 2008. Dans certains pays européens, les dépenses ont reculé à cause de la crise. C’est le cas de la Hongrie, l’Islande, l’Italie et le Portugal. La baisse a été la plus significative en Grèce: les dépenses sociales sont passées de 24% du PIB en 2009 à 22% en 2013.

Certains pays ont choisi de creuser les déficits pour maintenir leurs modèles sociaux, dans l’attente d’un retour de la croissance forte; d’autres ont laissé les inégalités se creuser et les plus vulnérables s’endetter. Ces deux voies sont-elles soutenables à long terme?

Qu’est-ce qui explique la croissance des dépenses publiques? On peut considérer plusieurs facteurs: l’Etat apporte du soutien à certaines catégories de la population, à certains acteurs économiques; les citoyens souhaitent bénéficier de plus de services collectifs; l’Etat investit dans des projets, des mesures et des programmes économiques et sociétaux; les services publics peuvent être plus coûteux – mais aussi plus équitables et plus durables – que ceux du secteur privé. La tendance à la hausse des dépenses publiques résulte majoritairement de l’augmentation des dépenses de sécurité sociale (santé, retraites, famille, chômage).

Pourquoi cette obsession de réduire les dépenses publiques? La compétitivité d’un pays n’est pas seulement celle de ses entreprises. Elle dépend aussi de l’efficacité de sa sphère publique. Selon certains experts, les sphères publiques doivent maintenant viser l’efficacité comme les entreprises, représenter un coût raisonnable, afin de ne pas devoir recourir à une hyperfiscalité défavorable aux entreprises. De plus, la Commission européenne a fixé un seuil pour le déficit public de 3% du PIB, objectif à atteindre en 2015.

Comment réduire les dépenses publiques? Il y a plusieurs pistes envisageables. Agir sur la masse salariale de la fonction publique via le gel de l’avancement des fonctionnaires et du niveau des embauches dans le secteur public. Réviser les dépenses liées à l’assurance-maladie en corrigeant les excès et les abus (actes médicaux redondants, multiplication des prescriptions ou utilisation des médicaments génériques). Agir au niveau des dépenses des collectivités locales: des marges d’efficacité existent dans les domaines de la formation professionnelle, de l’éducation, du logement, des aides économiques. Ces politiques publiques doivent remplir efficacement leurs objectifs. Mais attention à ne pas couper trop dans des dépenses indispensables à une économie équitable et durable… Retournons le raisonnement: partons de l’objectif de ne pas diminuer les dépenses publiques. Si on estime que le coût du travail est le problème number one et et si les gouvernements décident de le baisser, alors les entreprises gagneront en compétitivité, donc l’activité augmentera, ce qui générera de nouvelles recettes fiscales. Il n’y a alors pas de raison de réduire les dépenses publiques.

Le redoublement d’efforts en matière d’économies ne constitue-t-il pas un risque pour le dynamisme de la croissance? Dépenser plus ne garantit pas la croissance, surtout si la dépense est inefficace. Il s’agit de trouver le bon équilibre entre rétablissement des comptes publics et soutien à la croissance.

Pourquoi est-ce si difficile d’engager des réformes structurelles? Cela tient à la multiplicité des acteurs, aux corporatismes, au poids des lobbies et des rigidités, à une trop grande indifférence aux résultats et à l’efficacité, à des intérêts particuliers qui l’emportent parfois sur l’intérêt général. L’absence de ciblage, des priorités mal définies, une pédagogie insuffisante sur les objectifs de réformes, tout cela peut conduire à dépenser plus qu’il ne serait nécessaire.

Quel défi à l’avenir? Le défi est d’améliorer l’efficacité de la gestion publique sans dépenser plus et de faire des économies sans remettre en cause la qualité de l’action publique. L’Etat doit s’interroger sur ses missions ; il faut évaluer la dépense, clarifier les compétences de l’Etat et des collectivités locales, tout en conservant certaines priorités comme l’éducation et la sécurité sanitaire de l’alimentation. La maîtrise des comptes publics, c’est à la fois un enjeu de souveraineté, de compétitivité, mais aussi un enjeu de solidarité et d’équité entre les générations.

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