Faut-il s’interdire d’interdire à nos enfants ?

Aurelie 1 février 2015 2
Faut-il s’interdire d’interdire à nos enfants ?

La psychologie a défini différents besoins ‘de base’ auxquels en tant que parents nous devons être attentifs afin que nos enfants se construisent et deviennent des adultes épanouis. Un de ces besoins primordiaux est celui de se sentir en sécurité. Comment procéder en tant que parents ? Selon les uns, il est indispensable de poser rapidement de fortes limites en interdisant, voire même en frustrant parfois volontairement les enfants pour construire cette sécurité et pour qu’ils puissent vivre en société. Selon d’autres, il est contre-productif d’élever ses enfants avec des interdits car ceux-ci inhibent l’autonomie et l’esprit critique des enfants.

Selon Isabelle Filliozat, psychothérapeute, interdire ne donne pas un sentiment de sécurité aux enfants. Je reprends ici les propos d’Isabelle Filliozat disponibles sur le blog www.superparents.com :

« Ce qui donne le sentiment de sécurité aux enfants, c’est l’attachement, l’attention du parent à ses besoins, le respect, etc… c’est aussi la liberté, les permissions et les consignes qui aident à savoir comment faire ceci ou cela en toute sécurité. Les seules limites qui donnent de la sécurité sont celles de l’enfant. Il se sent en sécurité si nous lui enseignons qu’il a des limites et qu’il a le droit de les faire respecter par ses frères et sœurs, par les gens, et même par nous.

Plutôt que de « frustrer » l’enfant en lui imposant autoritairement des « interdits et des limites », aidons-le à s’intégrer au monde en lui donnant des « consignes », en énonçant des règles (fermes et claires) et en lui enseignant à les respecter. Les règles sont utiles. Les règles sécurisent, pas les interdits ! On joue à un jeu avec des règles qui organisent les relations entre les joueurs. On ne joue pas avec des interdits et des limites. C’est pareil dans la vie ! On a besoin de règles pour vivre ensemble.

Les limites et les interdits vont susciter l’envie de transgression, c’est pour cela qu’ils peuvent se montrer contre-productifs et parfois même dangereux. C’est vraiment l’expression « limites » qui ne me convient pas : ça met des limites, ça crée des limitations. Et je rencontre tant d’adultes limités dans leur expression, dans leur créativité, dans leurs capacités, dans leur vie parce qu’on leur a mis plus de limites qu’on ne leur a donné de permissions. Une limite enferme.

Du côté de l’enfant : il peut le vivre comme limité et déduire : «je n’ai pas droit, je ne peux pas, il m’est interdit de, etc. ». D’autant que la plupart du temps, occupés à mettre la limite, les parents ne songent pas à ajouter la permission. « Tu n’as pas le droit de sauter sur le canapé » est rarement assorti de « je vois que tu as besoin de sauter, viens, on va jouer à sauter à un endroit qui le permet ». Il est évident qu’en tant que parent nous avons à dire STOP à un certain nombre de comportements, mais doit-on appeler ce stop « mettre une limite » ?

Je traduis le plus souvent possible « limite » par le mot frontière. Une frontière définit un territoire, je peux la voir comme une limite (je suis alors enfermée dans un territoire) ou comme une ligne entre deux espaces. Notre rôle de parent est d’accompagner nos enfants pour qu’ils aillent au delà de leurs limites. »

En résumé: une structure, un cadre, des règles et des consignes, oui ! Des interdits ? Le moins possible ! 🙂

Voici un ouvrage d’Isabelle Filliozat : « Il n’y a pas de parent parfait »

« La manière dont nous éduquons nos enfants est le résultat de notre histoire personnelle. Pourquoi tant de passions se déchaînent lorsqu’il est question d’éducation ? Parce qu’au-delà des théories il y a notre inconscient. Nos blessures, notre histoire. Nous aimerions ne trouver en nous, pour nos enfants, qu’amour et tendresse. Ce n’est pas si simple. L’objet de cette passionnante enquête d’Isabelle Filliozat est de mieux comprendre ce qui se joue en nous lorsque nous hurlons contre Paul ou nous trouvons incapable de dire non à Julie. Elle propose des pistes et des exercices pratiques pour ne plus se sentir coupable de ne pas y arriver… »

2 Comments »

  1. Prou Jean-Luc 23 août 2015 at 9 h 49 min - Reply

    Bonjour,

    Je souhaite connaître l’origine de la photographie des enfants qui illustre l’article « nos enfants sont aussi victimes du stress ! ». Est-il possible d’en acheter les droits ?
    Je suis l’éditeur de la collection Jeunesse « Je découvre les métiers d’art ». Cette collection présente à chaque tome un métier d’art sous forme de conte illustré. Nous voulons apprendre aux enfants l’intelligence de la main, leur présenter des voies professionnelles et nous l’espérons, susciter des vocations. Notre but est d’aider les jeunes à trouver une passion, une voie professionnelle. À la fin de chaque tome, nous proposons un stage de découverte ou une rencontre avec un artisan afin que l’enfant devienne acteur de sa lecture et qu’un professionnel leur transmette son envie, sa passion. Cette photo, avec des enfants qui présentent leurs mains, serait parfaite pour une vidéo que je prépare, en vue d’une demande de soutien participatif au projet dont le premier tome est sorti en juin 2015 et qui comptera 38 tomes.

    Merci de m’orienter quand à la possibilité ou non d’utiliser cette photographie.

    Cordialement.

    Jean-Luc Prou

    • Catherine 11 septembre 2015 at 10 h 20 min - Reply

      Bonjour Jean-Luc, je transfère votre message à Aurélie. Elle est à l’étranger mais vous répondra à son retour.
      Bien cordialement,
      Catherine

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