Nuit debout, un début de démocratie participative ?

Aurelie 12 avril 2016 0
Nuit debout, un début de démocratie participative ?

Se réapproprier l’espace public et trouver des alternatives au système dans lequel nous vivons, voilà les deux ambitions partagées par les participants des rassemblements « Nuit Debout ». L’idée est de recréer une véritable Agora publique, afin de débattre entre citoyens désireux de changer le monde. Le changement, ceux qui participent au mouvement espèrent l’initier eux-mêmes, sans intermédiaire. Ce mouvement rencontre un besoin de s’exprimer, de débattre et de voter, que ce soit concernant le marché du travail fourni, l’allocation universelle, l’avenir de notre planète, les alternatives au système capitaliste. Chacun y va de ses idées et suggestions pour créer une société idéale.

Personnellement, j’adore cette idée que nous nous réveillons, que nous osons croire en notre capacité à nous réunir – rien que cela est déjà réjouissant – et à nous fédérer autour d’idées d’abord, d’actions ensuite. J’ai conscience que c’est souvent d’abord par le rejet, le refus, le ras-le-bol que ce genre d’initiative prend racine. Ce qui est crucial c’est de ne pas s’arrêter à ce stade, de tenter de brasser large au sein de la population, d’être capable d’éviter les écueils et débordements pour gagner en crédibilité et légitimité. La question de la représentation est évidemment essentielle et c’est un sacré défi que d’organiser une agora qui puisse refléter un maximum de points de vue et d’intérêts différents. Le fonctionnement adopté par Nuit Debout m’est familier grâce à mon passage au WWF. Nous avions adopté le même type de codes pour gérer nos sessions de brainstorming et nos réunions. C’est tout simplement révolutionnaire comme mode de fonctionnement : chacun a le même poids, le tout de parole donne la possibilité à chacun de s’exprimer, on ne s’approprie pas les idées – on sort de cette posture : « J’ai tout mieux compris que personne et j’ai l’idée du siècle » – on les propose au groupe qui décide s’il se les approprie ou non.

Mais le contexte que j’évoque est extrêmement cadré – une ONG qui a des objectifs clairs, une petite équipe, des actions déjà relativement bien identifiées. C’est évidemment bien plus complexe de faire émerger de l’expression de préoccupations très diverses d’une foule des intérêts et des objectifs communs.  Passer de la défense d’une cause particulière, de l’expression d’états d’âme, à des actions ‘politiques’ est un défi qui me semble non pas impossible mais qui nécessite une très forte motivation et organisation, sans parler du temps nécessaire pour parvenir à des résultats concrets. On a de plus tendance dans ce genre de mouvement à rejeter toute personne qui semblerait trop réactionnaire, trop tiède, pour privilégier une vision radicale, « fraîche ». Or il y aurait beaucoup à apprendre les uns des autres, sans sectarisme, et aussi de la part de ceux que l’on ‘combat’, on apprend toujours beaucoup de ceux et celles qui ont une vision ou une expérience différente de la nôtre.

Comment considérez-vous ce mouvement? Comme une alternative possible, comme un rassemblement de mécontents, comme un laboratoire enthousiasmant ou … comme quelque chose d’encore trop vague pour vous prononcer ?

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