Fichons la paix à nos enfants !

Aurelie 18 mai 2016 2
Fichons la paix à nos enfants !

Spécialiste de la psychologie du développement, l’Américain Peter Gray constate que l’enfance est devenue une période d’investissement. Le temps doit être rentabilisé. Pourquoi taper dans un ballon entre copains quand on pourrait faire partie d’une équipe de sport ? Pourquoi laisser des enfants salir leur pantalon sans but alors qu’un adulte, parent ou moniteur de guitare sur poney, pourrait leur faire capitaliser sur de nouveaux apprentissages ? Pourquoi des récréations aussi longues alors que le temps du déjeuner pourrait être exploité pour du soutien scolaire ?

C’est avec un tel raisonnement, selon lui, que l’on abîme nos enfants: « L’espèce humaine n’aurait pas survécu si elle n’était pas douée pour évaluer les dangers. »

« Rien de ce que nous faisons, aucun jouet, aucun cours auquel nous inscrivons nos enfants ne peut rattraper la liberté que nous leur prenons », souligne-t-il dans son livre Free to Learn. « Nous avons coincé nos enfants dans un environnement anormal, où l’on attend d’eux qu’ils passent une grande partie de leur journée sous la direction d’adultes, assis à des tables, à écouter et lire des choses qui ne les intéressent pas, à répondre à des questions qui ne sont pas les leurs. »

Peter Gray n’accuse pas Internet et les écrans. « Ils ont besoin de s’éloigner des adultes. S’ils ne le font pas dehors, ils peuvent le faire sur écran. Avec les jeux vidéo, ils peuvent s’immerger dans des univers dont les adultes de leur entourage sont absents, prendre des risques en ligne. » Les réseaux sociaux se sont développés, d’après lui, parce que c’est la seule façon qu’ont enfants et ados de communiquer sans leurs parents…

« On nous accordait, quand nous étions enfants, une confiance que nous n’accordons pas à nos propres enfants, regrette-t-il encore. Croire que les enfants et même les ados sont incapables de prendre des décisions rationnelles devient une prophétie auto-réalisatrice. En les confinant dans des cadres supervisés par des adultes, on les prive du temps et des occasions dont ils ont besoin pour se prendre en charge. Ils finissent par le croire eux aussi… » Il cite notamment tous les indicateurs de bonheur et de santé mentale en déclin chez les enfants comme chez les adolescents occidentaux. Un des critères essentiels pour être heureux, c’est d’avoir le sentiment d’exercer un contrôle sur sa vie.

Comment des enfants peuvent-ils apprendre à se relever s’ils n’ont plus jamais l’occasion de tomber ?

 

2 Comments »

  1. Sophie 30 juin 2016 at 21 h 10 min - Reply

    J’ai adoré cet article.
    Je vais tenter qlq trucs dans la famille et avec la classe:-)

    • Catherine 1 juillet 2016 at 8 h 23 min - Reply

      Un grand merci Sophie!

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