Vive les écoles alternatives ! Et les écoles qui osent les pédagogies alternatives !

Aurelie 20 juin 2016 0
Vive les écoles alternatives ! Et les écoles qui osent les pédagogies alternatives !

Depuis quelques années, des écoles Montessori ouvrent leurs portes un peu partout en Belgique et en France. Ces écoles sont le plus souvent de petites structures portées par des associations de parents. La pédagogie Montessori ne date pas d’hier ! Elaborée au début du 20ème siècle par Maria Montessori, médecin italienne, à partir de l’observation de centaines d’enfants, cette pédagogie repose sur un principe simple: les enfants sont naturellement attirés vers les apprentissages, il suffit donc de leur proposer un environnement adapté pour stimuler leur désir d’apprendre de façon autonome. Jusqu’à récemment, la pédagogie Montessori, peu compatible avec les méthodes d’enseignement traditionnelles, restait marginale et les écoles Montessori rares et peu connues du grand public.

Comment expliquer le virage de ces dernières années ?

Les parents d’aujourd’hui n’ont-ils plus confiance en un système qui leur a clairement montré ses limites? Aspirent-ils à autre chose pour leurs propres enfants? Sont-ils inquiets pour leur avenir ? Nous nous posons beaucoup de questions qui peut se résumer en une: comment les aider à s’épanouir ?

Nous, les parents, sommes généralement branchés développement personnel, attentifs donc aux besoins de nos enfants. Les pédagogies alternatives, cela nous inspire ! Et dans le monde incertain et face à des défis planétaires, l’éducation a un rôle clé à jouer. La proposition « montessorienne » répond à nos aspirations, voici comment.

De l’intelligence intellectuelle aux intelligences multiples : le respect de l’intégrité de chaque individu

La conception de l’intelligence de l’éducation conventionnelle est particulièrement réductrice. Evalué essentiellement sur sa capacité de mémorisation et de raisonnement déductif, l’élève se voit classé dans la catégorie des élèves intelligents (= scolaires) s’il réussit dans ces domaines, ou dans la catégorie des élèves peu intelligents (= non scolaires) s’il y rencontre des difficultés.

Or, il n’existe pas moins de huit formes d’intelligence : linguistique, logico-mathématique, kinesthésique (du corps), visuo-spatiale, naturaliste, musicale, intra-personnelle (gestion des émotions), inter-personnelle (faculté de coopération). Malheureusement, seules les deux premières formes d’intelligence comptent dans les écoles conventionnelles

Dans l’approche montessorienne, la scission entre compétences intellectuelles et non intellectuelles est abolie, et chaque enfant est encouragé à explorer aussi loin et longtemps qu’il le souhaite les domaines où la passion l’emmènent. A l’inverse, il n’est pas forcé à se concentrer sur des tâches qui ne l’intéressent pas. Et toutes les formes d’intelligence sont stimulées et appréciées à leur juste valeur.

De cette façon, la pédagogie Montessori maintient intacte la flamme intérieure de chaque enfant, son désir inné d’apprendre, tout en l’encourageant à travailler en autonomie. Alors que dans le système conventionnel, les apprentissages sont induits par un système de sanction/récompense (bonnes ou mauvaises notes, gratifications ou punitions), les élèves des classes Montessori savent travailler pour eux-mêmes. Leurs intérêts et motivations personnelles sont leur seul guide. Cela produit des adultes qui savent clairement ce qu’ils veulent dans la vie, et qui ne sont pas facilement manipulables, car ils ont appris à écouter leur être profond et à le respecter.

De la compétition à la coopération : pour des individus plus efficaces et plus solidaires

L’organisation des écoles conventionnelles encourage la comparaison et la compétition entre les élèves : classes de même âge, programmes et évaluations standardisés (socle commun, évaluations nationales), limitation de la liberté pédagogique des enseignants qui sont contraints de s’en tenir aux directives ministérielles, cours magistraux où l’on attend des élèves qu’ils se concentrent tous en même temps sur le même contenu, qu’ils apprennent tous au même rythme et avec la même méthode…

Pourtant, on sait que certains enfants sont plus avancés que ceux du même âge dans certaines matières, ou le sont moins dans d’autres. Que certains arrivent à mieux se concentrer à certaines heures de la journée, ou sont plus réceptifs à certaines formes d’apprentissage (il y a les visuels, les auditifs, les tactiles, etc…) Certains préfèrent travailler seuls, d’autres en groupe.

Dans les écoles Montessori, l’organisation spatio-temporelle est toute différente, et s’adapte au rythme et aux besoins de chacun. L’enseignant ne donne pas de cours magistraux, il se déplace dans la classe et intervient à tour de rôle auprès de petits groupes ou en tête à tête avec les enfants. Cela est rendu possible notamment par la mixité des âges (classe 3-6 ans, 6-9 ans, 9-12 ans) qui permet aux plus grands de jouer le rôle de tuteurs auprès des plus jeunes. Chacun y trouve son compte : les plus âgés sont valorisés par la confiance qui leur est accordée, et les plus petits peuvent progresser plus vite grâce au soutien de leurs camarades. Cette solidarité est renforcée par la pratique d’activités coopératives (jeux coopératifs, ateliers en équipes, etc…)

Dans les classes Montessori, les enfants étant libres de choisir leurs activités, ils sont la plupart du temps absorbés par leur travail, évitant les problèmes de discipline rencontrés dans les écoles classiques.

De la conformité à la pensée divergente : vers une société plus ouverte et plus innovante

L’élève soumis à la pédagogie conventionnelle réalise assez rapidement que s’il veut obtenir des gratifications, il doit se conformer aux attentes des enseignants, et leur fournir les réponses qu’ils demandent. Il s’applique donc à mémoriser les réponses qu’on lui présente comme vérités uniques, sans chercher à les questionner ou à les remettre en cause.

Le problème, c’est que cela donne une société où la faculté d’innovation est rare, la créativité de tout un chacun ayant été tuée dans l’oeuf. Une étude portant sur le suivi de 1500 enfants a montré qu’à l’âge de 3-5 ans, 98% des individus étaient des génies de la pensée divergente. L’étude testait la capacité des enfants à imaginer des solutions innovantes face à un problème posé. Retestés cinq ans plus tard, à 8-10 ans, ils n’étaient plus que 30% à atteindre le seuil « génie », et seulement 12% à 13-15 ans ! Concrètement, cela se traduit par des millions d’adultes qui passeront leur vie à effectuer des tâches répétitives, à obéir à des ordres sans jamais que leur libre-arbitre ne soit sollicité, alors qu’ils auraient pu aspirer à des carrières plus inspirantes.

Dans les classes Montessori, on stimule la créativité des enfants, notamment par l’intermédiaire d’activités artistiques, mais aussi en encouragement la libre expression de chacun. En outre, la pédagogie Montessori s’attache à avoir de la considération pour le point de vue de l’enfant, qui est mis sur un pied d’égalité avec celui des adultes. Cela ne signifie pas qu’il est toujours donné raison à l’enfant, cela signifie que son point de vue est respecté a priori. L’adulte est là pour accompagner l’enfant vers sa vérité propre, mais en aucun cas il n’est là pour lui imposer la sienne. Cela participe à la création d’esprits ouverts, porteurs d’une société qui avance au lieu de rester figée sur ses dogmes.

Conclusion

Le boom de la pédagogie Montessori va-t-il faire en sorte que l’exception devienne la règle ?

Les principes de l’enseignement Montessori soient petit à petit intégrés dans le système d’enseignement public, c’est encourageant !

Ne sous-estimons pas les écoles et les enseignants « traditionnels » qui utilisent différentes méthodes pour organiser leurs cours et motiver les enfants ! Une étiquette ‘alternative’ n’est pas tout et une étiquette ‘conventionnelle’ n’est pas synonyme de manque d’intelligence collective !

Source de l’article: enfantsdelavenir.org

Dessin de l’article: www.charlottedujour.com

Pour approfondir le sujet, voici le livre ‘L’enfant’ de Maria Montessori:

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