Etes-vous branchés ‘intégral’ ?

Aurelie 30 août 2016 0
Etes-vous branchés ‘intégral’ ?

Le monde n’a jamais été aussi complexe qu’aujourd’hui, c’est émotionnellement écrasant. Nous sommes confrontés à des défis toujours plus nombreux et plus grands. Jamais il n’y a eu autant de disciplines et de visions du monde à considérer pour faire face à ces défis. Nous disposons d’une profusion de perspectives. Mais sans moyen de relier et d’exploiter ces perspectives, leur contribution aux problèmes du monde est impossible. Nous faisons partie d’une communauté globale et nous avons besoin d’une vision globale, qui soit aussi ancréé dans nos vies quotidiennes – afin de trouver des solutions aux défis.

Le philosophe américain Ken Wilber a créé la théorie intégrale qui incorpore et organise les apports essentiels de toutes les disciplines majeures de la connaissance humaine. La théorie intégrale a été utilisée pour développer une approche de transformation et d’intégration personnelle qui permet aux individus d’explorer et de développer des aspects d’eux-mêmes tels que le corps physique, l’intelligence émotionnelle, la conscience cognitive, les relations interpersonnelles et la sagesse spirituelle.

Selon la théorie intégrale, il y a au moins quatre perspectives irréductibles (subjectif, intersubjectif, objectif, et interobjectif) qui doivent être prises en compte afin de comprendre pleinement un sujet ou aspect de la réalité. Les « quadrants » expriment le fait que tout peut être observé depuis deux distinctions fondamentales : 1) une perspective intérieure et extérieure ; et 2) une perspective individuelle et collective. Jusque là, c’est clair n’est-ce pas ?

La théorie intégrale insiste sur le fait que nous ne pouvons comprendre une de ces réalités (un des quadrants) à travers la lentille d’une des autres. La théorie intégrale voit chacun des quadrants émanant simultanément. En reconnaissant la nature multidimensionnelle des problèmes, la théorie intégrale permet l’inclusion de perspectives multiples, y compris des visions du monde contradictoires.

Michael Putz et Michael Raynor ont établi une grille de 5 niveaux d’auto-développement pour atteindre un « leadership intégral »:

  1. Au premier niveau de l’impulsivité, il n’existe aucun leadership. L’ego prédomine. L’individu déclare comme un très jeune enfant : « Je suis mes impulsions » et il est incapable de prendre la perspective des autres personnes.
  2. Le deuxième niveau égocentrique où l’individu est centré sur ses besoins et ses désirs : il est en mesure de gérer ses pulsions et de prendre en compte le point de vue des autres s’il correspond aux siens. Il peut être amené à se comporter de façon agressive avec une personnalité destructive dans un travail d’équipe.
  3. Le troisième niveau interpersonnel représente un individu qui se définit par ses relations et son rôle social. Il dispose d’un fort esprit d’équipe et il est un partisan d’une vision organisationnelle indépendante.
  4. Le quatrième niveau, celui de l’individu autonome qui crée sa propre identité comprenant ses rôles, ses relations et ses attentes des autres pour mieux être en mesure de prendre des actions indépendantes. Le danger de l’individu autonome est de gagner trop en confiance et d’adopter une identité rigide qui soit associée à sa réussite actuelle et lorsqu’il se sent menacé par des changements fondamentaux.
  5. Enfin, le dernier niveau concerne le leader intégral. Il s’agit d’une personne qui est en constante évolution et qui est consciente de son propre développement ainsi que ceux des autres. Il a un sens de l’identité flexible qui englobe la complexité et les paradoxes sur le plan personnel. Il dispose de valeurs claires et connait les limites. Il s’adapte aux changements fondamentaux, sans les considérer comme une menace pour son identité personnelle. De plus, il soutient l’auto-développement des autres, et il arrive à comprendre une situation dans un environnement multi-dimensionnel. Le danger qui guette le leader intégral est d’être perçu comme marginal par les autres qui ont des difficultés à cerner son identité flexible et déroutante. Plutôt pro-actif et holiste, le leader intégral a tendance à vouloir faire grandir les autres pour le bien de tous sauf que toutes les personnes ne sont pas toujours prêtes pour cela.

Théorie intéressante pour se situer et situer notre entourage n’est-ce pas ?

Leave A Response »