Stop au présentéisme au bureau !

Aurelie 25 octobre 2016 0
Stop au présentéisme au bureau !

Le présentéisme est une idée dominante dans notre culture économique, qui associe la valeur du travail au nombre d’heures passées au travail. Un bon employé passe de nombreuses heures au travail, connecté à tout moment à son smartphone ! Et le résultat c’est quoi ? Des burn-outs, du surmenage, une perte d’efficacité et de productivité, bref le contraire de l’effet recherché !

Connaissez-vous le «karoshi» au Japon ? Un Japonais sur cinq risque de mourir au travail en raison d’un surmenage. Le phénomène est tel qu’il porte un nom en japonais: le «karoshi», littéralement «mort par excès de travail». Devant l’ampleur du phénomène, le gouvernement japonais a approuvé une réforme qui a autorisé les entreprises à ne plus payer les heures supplémentaires des salariés gagnant plus de 80.000 euros par an, qui sont les plus propices au burn-out. L’objectif de la réforme est d’encourager les entreprises à évaluer leurs salariés non plus sur le nombre d’heures qu’ils passent au bureau, mais sur les résultats qu’ils fournissent. Un changement de mentalité qui présenterait également l’avantage d’accroître la productivité japonaise, réputée faible.

Des psychologues et experts de la souffrance au travail indiquent qu’à force de faire du présentéisme, certaines personnes souffrent d’une addiction au travail, n’arrivent pas à lâcher prise.

Quels sont les risques à évaluer les salariés uniquement sur leur temps de présence ?

Pierre Blanc-Sahnoun, coach de cadres dirigeants: « Le risque, c’est d’évaluer des choses qui n’ont pas beaucoup de valeur pour l’entreprise. On évalue de la quantité, mais aussi la soumission et la conformité du salarié. Effectivement, on a un bon niveau de conformité car celui-ci va rester longtemps. Mais cela ne veut pas dire qu’il est bon. Par exemple, moi, mes bonnes idées, je les ai sous la douche : comment évaluez-vous cela ? C’est un vrai problème car la valeur ajoutée du salarié, ce n’est pas du tout le temps qu’il travaille, mais sa capacité à prendre des initiatives, à sortir du cadre, sa créativité aussi, et des qualités de savoir. Et tout ceci ne peut pas s’évaluer sur un nombre d’heures. Au contraire. »

Dans beaucoup de pays, notamment les pays anglo-saxons, rester tard au travail est considéré comme un signe d’inefficacité, de mauvaise organisation, voire d’incompétence.

Qu’en pensez-vous ?

Présentéisme ou atteinte des objectifs ? Encore faut-il disposer d’objectifs clairs et réalistes n’est-ce pas ?

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