Ce qu’il nous faut ? Du courage !

Aurelie 2 mars 2017 0
Ce qu’il nous faut ? Du courage !

« Le Livre noir de l’agriculture », « Vino business » et « Foutez-nous la paix ! » Aujourd’hui, c’est « Du courage! », le nouveau livre d’Isabelle Saporta qui n’en finit pas de nous secouer pour que les temps changent !

Après plus de quinze années passées à mener l’enquête sur le terrain, la journaliste dresse un constat accablant de la lâcheté des pouvoirs publics en matière d’environnement et d’agriculture.

Isabelle Saporta dénonce les groupes de pression et l’indépendance des pouvoirs publics : « Ce que je ne comprends pas, c’est que nos politiques reculent à chaque fois face aux lobbyistes. » Un manque de courage dénoncé dans cet ouvrage.

Isabelle Saporta cite de nombreux exemples, comme celui du bio à l’école, qui n’existe pas. « Il y a 3,2% de bio dans les cantines », dénonce la journaliste. Un effacement des politiques selon elle, face encore une fois, aux groupes de pression. Selon elle, aucun candidat n’a retenu son attention et le comportement de certains d’entre eux face à la situation critique de l’agriculture est carrément un manque de « décence ».

Voici une interview d’Isabelle Saporta disponible sur www.180c.fr

Alors, quoi de neuf depuis votre dernier livre « Foutez-nous la paix ? »

Eh bien pas grand-chose hélas ! Le temps passe et rien ne se passe. Notre problème est, qu’à de rares exceptions près, nos politiques font semblant de s’emparer des grands sujets agro-industriels, promettent parfois des mesures puis laissent les choses aller leurs cours, cours qui est toujours celui des industriels comme par hasard… Le problème est que la parole politique est démonétisée par ces renoncements successifs, que ce soit au sujet de l’agriculture ou du reste… D’où, hélas, ce sentiment du « tous pourris »…

Du courage pour quoi faire ?

Mais pour enfin donner au citoyen toute la transparence à laquelle il a droit pour que les produits soient vendus à leurs juste prix, pour que tout un chacun soit informé de ce qu’il consomme vraiment. Du courage pour réformer notre système agro-industriel ! Il en faudra…

Selon vous, les politiques ne s’emparent pas de ces problèmes par manque de courage ?

Clairement… oui ! A l’insu de leur plein gré (ou non !) les politiques ont la main qui tremble face à deux forces très puissantes. Tout d’abord celle des lobbies qui savent protéger leurs intérêts avec une redoutable efficacité. Ensuite celle, plus pernicieuse, du courtermisme : l’action sur le long terme se brisant sur des calendriers de gestion de carrière ! Mais au fond, c’est d’une vision dont manquent tant de responsables sur tous ces sujets…

S’agit’ il de lâcheté ?

Eh bien oui, c’est le mot. Car les atermoiements, grandes abdications et petits renoncement sont en train de produire une dette écologique que nous transmettons, en ce moment même, à nos enfants.

Ou est-ce le système qui est irréformable ?

Bien sûr que si ! Mais il faut sortir d’une vision centralisatrice et jacobine. Non, Paris, ne trouvera pas LA solution pour sauver notre agriculture et notre ruralité. Il n’y a pas une solution, il y en a 1000, et pour les voir, il faut être à l’écoute de ce qui se fait, et de ce qui fonctionne localement.

Le consommateur manque-t-il lui aussi de courage ?

Le consommateur n’est pas assez informé pour qu’on puisse le lui reprocher. Par exemple, connait-il les vrais coûts environnementaux, sanitaires, et même médicaux de la bouffe massifiée et bon marché ? Non, il ne connait que son coût d’achat, car le système se garde bien de lui donner toutes ces informations.

Leave A Response »