Revenu de base pour tous, une utopie ?

Aurelie 21 novembre 2017 0
Revenu de base pour tous, une utopie ?

Nous devons concevoir un nouveau rapport à la sécurité du travail. Daniel Cohen : « la révolution numérique nous oblige à repenser la sécurité sociale que nous voulons pour le 21ème siècle ».

C’est dans cette perspective que Daniel Cohen conçoit le revenu universel : pour lui, il s’agit d’un ajout pour la société, et non d’une alternative remplaçant le système existant. Le revenu de base assurerait un plancher pour tous les individus, auquel s’ajouterait le reste de la protection sociale, en faisant du revenu de base un droit attaché à la personne et non à son emploi. Ce qui me semble crucial, c’est de permettre à tous d’avoir une base financière décente et donc, dans le cas de personnes qui ont des salaires peu élevés, de disposer d’un « complément » de revenu. Mais toute mesure a des effets pervers : si les employeurs savent que l’Etat va compenser les situations difficiles et les petits salaires, n’est-ce pas les inciter à rémunérer encore moins qu’ils le font aujourd’hui ?

Cette discussion est cruciale dans un contexte anxiogène pour tant de personnes qui pensent que l’emploi au sens ‘classique’ disparaît lentement mais sûrement, et où ne subsisteront que des formes de travail éparpillé et uberisé, où chacun serait payé par-ci par-là par différents employeurs ou clients…

Thomas Piketty et d’autres économistes tentent de replacer la question du revenu universel dans un cadre beaucoup plus large, celui du débat sur la justice sociale, qui concerne l’ensemble de la répartition des revenus et de la propriété, et pas seulement le revenu de base.

« Notre objectif plus ambitieux doit être celui d’une société fondée sur la juste rémunération du travail, autrement dit le salaire juste, et pas simplement le revenu de base. »

« Cela implique de repenser tout un ensemble d’institutions et de politiques complémentaires les unes des autres : de meilleurs services publics, ce qui passe notamment par l’égalité réelle d’accès à l’éducation et à la santé (ces biens fondamentaux ne doivent pas passer après les versements monétaires); le droit du travail et des organisations (l’émiettement du travail n’est pas une fatalité, et de nouveaux espaces de protection et de partage du pouvoir sont encore à inventer au sein des entreprises, associations et administrations); et bien sûr le système fiscal (qui permet lui aussi de limiter la perpétuation des positions de pouvoir, et évidemment de financer l’ensemble de nos objectifs communs). » Thomas Piketty

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