Etes-vous trop lent Monsieur Hulot ?

Aurelie 8 décembre 2017 0
Etes-vous trop lent Monsieur Hulot ?

Comment gérer le présent tout en tenant compte du passé et en prenant soin du futur ? Vivre une période transition, c’est inconfortable car nous devons à la fois gérer les héritages du passé – comme notre intoxication au pétrole et ses produits dérivés qui ont envahi notre quotidien – remettre en question certaines situations – comme la brevetabilité du vivant – et construire les bases du monde de demain. La transition, c’est la remise en question, c’est revoir complètement notre manière de nous alimenter, de nous déplacer, d’habiter. Il nous faut organiser le ‘shift’, accompagner les changements pour qu’il n’y ait pas d’un côté les ‘perdants’, de l’autre les gagnants. Les projets durables sont des projets où tout le monde est gagnant à long terme !

Les acteurs de la transition font face à de l’inertie, de la résistance au changement et c’est parfois tentant de vouloir tout changer tout de suite, mais est-ce réaliste ? N’est-ce pas prendre le risque que les mesures deviennent si impopulaires qu’elles soient rejetées en bloc ? Le rythme des transitions est à prendre en considération : souvent, les écologistes font des propositions qui bousculent les opinions publiques, qui nous poussent à aller plus vite que ce que la population dans son ensemble est prête à faire. Nicolas Hulot : « L’écologie tout le monde est pour, mais tout le monde est contre ce que ça implique. »

Nicolas Hulot fait l’éloge de la patience. Il affirme : «  Je ne vais pas tout obtenir tout de suite. Mais j’ai posé des sujets majeurs dans le radar qu’on ne pourra plus mettre de côté. Il faut déjà rendre les choses incontournables, les placer dans notre logiciel. Par exemple la question n’est pas seulement d’interdire une molécule telle que le glyphosate, mais de s’occuper de l’ensemble de ces produits, et commencer à en programmer la fin. De la même manière, sur les financements innovants, la taxe sur les transactions financières, l’évasion fiscale, ce qui importe pour moi est qu’on ait une approche exigeante et ambitieuse. Donc parfois, il faut patienter pour mieux avancer. (…) Ce qui m’importe est qu’on arrête de promettre des choses qu’on ne tient pas, c’est-à-dire qui sont parfois irréalisables. Il faut y aller par étapes et tout est lié. »

Alors, trop lent, vraiment ? Ou plutôt prudent, cohérent et persévérant ? L’avenir nous le dira, mais en attendant, vous avez toute ma confiance Monsieur Hulot car votre détermination semble sans failles, et nous avons drôlement besoin de ce que vous incarnez: un mélange de convictions profondes, de capacité à vous inscrire dans le réel et de ténacité !

 

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