Véronique Cardi, celle qui met en valeur le livre de poche

Aurelie 27 février 2018 0
Véronique Cardi, celle qui met en valeur le livre de poche

Née en 1980, diplômée de philosophie, d’allemand et d’un master d’édition de la Sorbonne, Véronique Cardi est la directrice générale du Livre de poche, métier ô combien intéressant si l’on songe à tous les titres déjà repris en format poche et au fait que lors de leur sortie en grand format, certains livres ne connaissent pas le succès qu’ils méritent et que leur parution en poche peut parfois leur offrir une nouvelle vie !

« Les grands éditeurs, parce qu’ils ont un très large catalogue, ne peuvent pas faire découvrir tous leurs auteurs, explique Véronique Cardi, directrice générale du Livre de Poche. Les petits éditeurs indépendants sont, quant à eux, desservis par une diffusion limitée. Dans un cas comme dans l’autre, nous pouvons prendre le relais et jouer notre mission de booster de talents. En particulier pour les livres déjà identifiés par la presse et les libraires, mais pour lesquels les ventes ont été en deçà des attentes. »

Quel est le chemin parcouru avant d’être édité en format poche? Pour Véronique Cardi, « il faut d’abord que le livre soit porté par le coup de coeur d’un éditeur ou d’une éditrice, qui va mobiliser autour ses équipes commerciales ». Celles-ci disposent de plusieurs outils, à commencer par l’ajout d’un bandeau amovible avec citation d’une critique élogieuse ou mention des éventuelles récompenses obtenues. Au Livre de Poche, le label « sélection prix des lecteurs », apposé sur la couverture dès la sortie, a fait ses preuves depuis plusieurs années.  Un autre atout: la préface. Véronique Cardi explique avoir fait appel à Alain Mabanckou pour la préface de Tram 83, le magnifique roman du Congolais Fiston Mwanza Mujila, dont les résultats en grand format n’avaient pas été à la hauteur. « C’est cette valeur ajoutée littéraire qui a permis de faire découvrir le livre au public », insiste-t-elle.

« Le poche joue aussi beaucoup sur le réseau d’enseignants qui, bien entendu, recommande des éditions de poche à leurs élèves », rappelle Véronique Cardi.

Le parcours éditorial du livre de l’Américaine Harper Lee Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur constitue un cas très particulier. Publié pour la première fois en France en 1961, soit un an seulement après sa parution aux Etats-Unis où son triomphe fut immédiat, le roman a mis près d’un demi-siècle à trouver son public chez nous.

« Là, c’est grâce à un dossier pédagogique, envoyé à 50.000 enseignants, augmenté de contenus sur notre site, que s’est créée une prescription scolaire, un succès très solide mais discret, dont le grand public et la presse n’avaient pas conscience à l’époque », précise Véronique Cardi. Résultat: un retour fracassant sur le devant de la scène après la découverte du manuscrit perdu puis le décès de l’auteure.

Les livres de poche ne sont-ils pas de plus en plus beaux… Craquez-vous souvent ? 🙂

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