Les mutations du féminisme

Catherine 1 octobre 2018 0
Les mutations du féminisme

Les femmes et leurs corps ont investi le débat public : revendication de la baisse de la TVA sur les protections hygiéniques, campagne sur l’endométriose, sur les contraceptions, sur les violences morales et physiques, etc. Les femmes ont repris la main avec les dénonciations suite à l’affaire Harvey Weinstein.

Pour la professeure Camille Froidevaux-Metterie, nous sommes depuis quelques années en train de vivre « le tournant génital de la lutte et de la pensée féministes ». Les femmes ont décidé de rompre le silence et d’engager la bataille de l’intime. Elles mettent un terme à la « docilité » des corps qui date de plusieurs siècles.

« L’irruption des sujets liés aux organes sexuels féminins dans l’arène médiatique et le champ politique marque un tournant féministe. Non pas que ce soit la première fois que ces thèmes mobilisent, loin s’en faut. Dans les années 1970, le corps féminin est associé à la condition mineure et subordonnée qui est celle des femmes depuis toujours. Pas d’individualité ni de liberté possibles, avait écrit Simone de Beauvoir, quand « la femelle s’abdique au profit de l’espèce ». L’objectif d’une libération des femmes vise donc d’abord à les affranchir des chaînes de leur nature procréatrice qui sont aussi celles du patriarcat. La vie amoureuse et conjugale, la sexualité, la maternité, ces thèmes constitutifs de l’existence corporelle des femmes deviennent le socle de nouvelles revendications : droits à la contraception et à l’avortement, mais aussi, pour les plus radicales, refus de l’hétérosexualité obligatoire. Dans le moment crucial de la Deuxième vague qui fera des femmes – enfin – des individus de droits, le corps féminin est appréhendé comme une prison dont il faut briser les chaînes. »

Pour parfaire vos connaissances et poursuivre la réflexion, découvrez l’ouvrage de Camille: « La révolution du féminin ».

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