Les gilets jaunes, cri dans la nuit ou mouvement durable et utile?

Catherine 20 décembre 2018 0
Les gilets jaunes, cri dans la nuit ou mouvement durable et utile?

Samedi dernier, le 15 décembre 2018, c’était la cinquième fois, en France, que les gilets jaunes se rassemblaient dans la capitale.

Qui sont-ils ? Peut-on les mettre dans une même catégorie?  

Ils sont apparemment de tous les bords politiques, de droite comme de gauche. Ils sont employés pour la plupart ou entrepreneurs, pour d’autres. Le point commun, ce qui les relie ? Ils ont du mal à boucler les fins de mois. Ils crient en avoir marre d’être les oubliés des élites politiques depuis maintenant des dizaines d’années. Ils veulent du changement ! Pas quelques euros par-ci, par-là, mais un vrai remaniement des lignes. Le mouvement des gilets jaunes serait une révolte, une révolution pour en finir avec les privilèges de certains ? Peut-on parler de privilèges qu’auraient certains aujourd’hui, au détriment d’autres ? Si on réfléchit, ce ne serait pas de la faute de Macron lui-même (« Macron démission ») mais la faute du système. La faute de la gouvernance. Ils veulent un référendum d’initiative citoyenne pour changer les choses. Mais changer quoi au juste ? Et comment ?

Qu’est-ce qu’ils veulent vraiment ? 

Les gilets jaunes veulent moins de taxes mais plus de services publics. Ils veulent qu’on taxe davantage « les riches », qu’on remette l’impôt sur la fortune en place, que les écarts entre la rémunération d’un patron et celle d’un employé, soient moins grands. Réaliste ? Normal ? Juste ? La répartition et la redistribution des richesses seraient dysfonctionnelles.  Chacun a son avis. Il n’en est pas moins que… est-ce que les élites politiques, les classes dirigeantes d’un pays ont, aujourd’hui, la capacité de réaliser cela? Pour une PME peut-être mais pour un grand groupe international? Finalement c’est eux qui génèrent le plus de revenus, le plus d’argent. Mais, grâce aux divers mécanismes d’optimisation fiscale, un grand groupe ira simplement mettre son siège social/fiscal ailleurs. Ils quitteront le pays pour s’installer ailleurs. On la déjà vu. Cela continuera, demain, des pays ghettos? Ensuite, une fois qu’on aura taxé les riches, pour donner aux personnes qui ont moins de moyens, encore faudra-t-il que cet argent soit bien dirigé et bien utilisé pour faire en sorte que les services publics soient de meilleure qualité, non ?

Un mouvement optimiste, tourné vers un avenir meilleur ?

Puis, il y a une question sous-jacente que je me pose. Est-ce que le mouvement des gilets jaunes est un mouvement optimiste, un mouvement tourné vers l’avenir, un mouvement qui veut des jours plus heureux? Je vois beaucoup de violences, beaucoup de gens qui en ont marre et pour qui c’est difficile et qui critiquent les gouvernements actuels. Mais, je n’entends pas beaucoup de propositions positives, constructives : je veux plus d’argent pour l’éducation nationale, pour que mes enfants aient un meilleur enseignement et plus de chance de trouver leur voie et un travail qu’ils aiment, je veux plus d’argent pour les hôpitaux, pour que les infirmières qui exercent un métier indispensable soient mieux rémunérées, que les infrastructures soient modernes et pratiquables pour tous, je veux plus d’argent pour que l’espace urbain soit mieux aménagé avec des espaces verts, pour une meilleure qualité de l’air et pour une meilleur santé pour tous. Voyons grand, voyons loin, voyons positif, voyons sur le long terme, voyons moins d’Etat et voyons moins de consommation, voyons plus de nous, voyons plus d’initiatives locales et citoyennes, comptons plus sur nous-mêmes et moins sur les autres. A quand une société avec moins d’Etat, moins de politiques, tout simplement ? Elle serait là, la vraie révolution.

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